‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 176 sur 372 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

<< mettre et votre fils et votre royaume : je ne leur « refuserai pas d'ailleurs les conseils dont ils pour- « raient avoir besoin (i 1. ;/

L'intérêt et le salut du jeune roi, ajoutait le primat, non moins que ceux de son royal père, étaient engagés dans ce qui venait de se passer à Westminster ; n'avait-on pas vu l'archevêque d'York sacrer l'héritier du trône dans l'église abbatiale, c'est-à-dire hors •de son diocèse, de sa province, dans un lieu où il ne pouvait avoir aucune juridiction, au mépris des prohibitions du Pontife romain et de la prérogative antique de l'Archevêque de Cantorbéry ?

A ces mots Henri arrêta le primat ; et tout en se -défendant d'apporter aucune obstination dans la discussion, il représenta qu'il y avait dans les annales -de la dynastie des exemples assez probants contre le privilège revendiqué en faveur d.u siège de Cantorbéry. Mais Thomas rétablissant les faits dans leur "véritable jour, démontra que ces exceptions, par les ■circonstances qui les avaient occasionnées et accompagnées, confirmaient la tradition de son Église, bien loin de l'ébranler. La chaîne de cette tradition se continuait jusqu'à Henri H lui-même :

« Qui vous a sacré et couronné ? disait Thomas ; « n'est-ce pas l'Archevêque Thibaut d'heureuse mé- « moire, ce bon prélat qui pour vous a subi, avec « tous les siens, des peines sans nombre et des « dommages irréparables, qui a bravé pour vous des « dangers qu'on ne se rappelle plus aujourd'hui sans « frémir, et qui enfin a pu vous rendre la couronne « et le trône déjà passés à une autre famille? />

C'était un argument ad hominem, que Henri Plan-

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