I. Garnier de P.-S^-M., p
tagenet n'eût jamais dû provoquer par sa conduite ; il en sentit toute la force, apparemment, car il n'objecta rien ; il souffrit même que Thomas poussât plus loin, et lui demandât pourquoi il avait provoqué les évêques anglais à transgresser les ordres du Pape, alors qu'ils en avaient connaissance ? Pourquoi surtout on n'avait pas écarté de cette cérémonie des personnages nommément excommuniés? Pour être formulée en termes pleins de modération, la réprimande n'en était pas moins sévère autant que méritée ; l'Archevêque la termina en demandant au Roi réparation de l'outrage ainsi commis contre l'Église de Cantorbéry. Henri II objecta alors qu'il s'était cru le droit d'agir en vertu d'un diplôme du Pape lui-même, qui lui donnait pouvoir de faire couronner son fils par tel prélat qu'il choisirait; mais Thomas connaissait ce document aussi bien que le Roi lui-même, car il datait du temps où le chancelier Becket gouvernait le royaume. Thibaut venait de mourir, et son successeur n'était pas élu : pour éviter précisément d'avoir à recourir au ministère de Roger de Pontl'Évêque, on avait sollicité du Pape la faveur dont se prévalait maintenant Henri II. Il s'ensuivait qu'un acte pontifical dirigé contre le métropolitain d'York se trouvait retourné contre celui de Cantorbéry, au profit et par la main même de celui qu'on avait autrefois voulu exclure. Et d'ailleurs le diplôme en question était évidemment caduc, du jour où le Souverain Pontife avait formulé en termes précis et explicites les prohibitions dont le Roi n'essayait pas même de nier l'existence (i). Pourquoi n'avait-on pas tenu compte de ces ordres tout récents? Et pourquoi n'a-