CHAPITRE XVI
donnés le prince, et il redoutait de la part de ces hommes mille intrigues pour réduire à néant l'accord si fragile conclu récemment (i). Or, dans l'espace de trois mois, il ne recueillit de cet accord qu'une série de déceptions.
L'Archevêque eut d'abord connaissance de la lettre patente expédiée par le Roi pour annoncer la paix, lettre conçue en ces termes (2) :
« Pour l'amour de Dieu et du Seigneur Pape, pour « mon salut et celui de mes héritiers, je pardonne « à l'Archevêque de Cantorbéry, ainsi qu'à tous ceux « qui sont en exil pour lui et avec lui, les offenses « qui ont provoqué mon courroux ; je le tiens quitte « de toute réclamation que j'aurais pu avoir à for- « muler contre lui ; je rends à lui et aux siens bonne « paix et pleine sécurité de ma part et de la part « des miens. Je le remets en possession de l'Église « de Cantorbéry avec tous les pouvoirs qui étaient « les siens du jour où il fut fait Archevêque, ainsi « que tous les domaines que cette Église et lui-même « ont possédés ; qu'il les tienne aussi librement et « honorablement qu'il a jamais fait. Quant aux bé- « néfices et aux Églises qui relèvent de l'Archevêché « et qui sont devenus vacants après le départ de sa « Seigneurie, je les lui rends de même pour les tenir « comme siens et en disposer à son gré, sauf les « prérogatives de ma couronne. »
C'est bien cela ; Henri II a consenti à toutes les restitutions, à toutes les réparations, pourvu que les prérogatives de sa couronne, c'est-à-dire les coutumes, ne fussent pas mises en question; et c'est ainsi seulement qu'il daigne rendre au primat d'Angleterre