Ep. 0. Pro amore Dei » [Materials^ t. vu, page
l'Église que le Pontife romain a confiée à Thomas Becket. Le secret de l'accord si promptement acquis ne pouvait être mieux révélé.
Du moins les restitutions si pompeusement annoncées vont-elles être exécutées? Dès le début l'Archevêque put voir que ses appréhensions n'étaient que légitimes.
Les lettres patentes que nous venons de lire avaient été remises à ses premiers envoyés pour être portées en Angleterre ; mais le primat souhaitait avoir de l'autre côté du détroit des hommes de confiance, chargés d'une mission officieuse qui consisterait à sonder les dispositions du peuple anglais et à connaître les amis sur lesquels pourrait compter leur maître. Jean de Salisbury et Herbert de Bosham furent choisis ; et afin d'utiliser mieux encore leur voyage, Thomas leur enjoignit de voir le Roi et d'obtenir de lui des lettres à l'effet d'ordonner la restitution des fiefs désignés nominativement à Fréteval; celui qui devait revenir à l'Archevêché de par le jugement prononcé contre Henri d'Essex était le château de Saltv^T'ood, proche de Cantorbéry, et qui se trouvait alors entre les mains de Randolf de Broc. Cet homme ne s'en dessaisirait certainement pas sans un ordre formel du Roi, Thomas le savait assez ; Jean et son compagnon devaient insister pour l'obtenir (i).
Ils trouvèrent Henri II en Normandie, souffrant d'une fièvre tierce, et il fallut attendre la guérison. Quand le prince fut rétabli, les députés de l'Archevêque lui présentèrent leur requête, mais selon sa coutume invétérée Henri se dérobait; c'étaient chaque jour de nouveaux atermoiements. Finalement, poussé