CHAPITRE XVI
mêmes jours achevaient de le déterminer. C'était d'abord le Pape lui-même qui semblait regretter la tactique mise en œuvre pendant les derniers mois et vouloir adopter une attitude plus énergique. Alexandre III annonçait à Thomas Becket qu'il fulminait les censures ecclésiastiques contre l'archevêque d'York et les évêques de Londres et de Salisbury ; à raison du rôle joué par les trois prélats dans le sacre de Henri Court-Mantel, ils étaient frappés de suspense; et pour les deux évêques l'excommunication s'y ajoutait, le Pape étant indigné de les avoir vus répondre par un acte de désobéissance à l'indulgence dont il avait naguère fait preuve à leur égard (i). Des Lettres apostoliques notifiant ces peines canoniques suivirent de près, conçues en termes fort sévères (2), et adressées à l'archevêque de Rouen ; le Pape donnait l'ordre de les faire passer aux intéressés, en vertu de l'obéissance due au Pontife romain (3).
Au Roi d'Angleterre lui-même, Alexandre III écrivait pour presser l'exécution des clauses du traité ; puis, comme s'il se fût repenti d'avoir rejeté au second plan les coutumes de Clarendon, le Saint-Père engageait le prince « à laisser l'Archevêque et les clercs « vaquer librement et en paix aux diverses mesures « d'ordre que pouvait nécessiter le gouvernement « des Églises et en général à celles qui concerc< naient les personnes ecclésiastiques (4). » Il était
1. Ep. « Inter multipliées » [Materials, t. vu, page 357), 10 septembre.
2. Ad episcopos quosdam, ep. « Oportuerat vos » ; ad Eboracensem archiepisc. ep. « Licet commendabiles » [Ibid., pages 360 et 364), 16 septembre.