‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 208 sur 372 · COMPLOTS · texte numérisé non relu

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Dès le lendemain matin, 2 décembre, l'Archevêque vit arriver de nouveau les gens du Roi, évidemment envoyés par les trois prélats, et qui venaient réclamer la levée des censures fulminées par les Lettres apostoliques. En frappant les évêques, le primat de Cantorbéry avait, disait-on, contrevenu aux coutumes du royaume et fait ainsi injure au Souverain lui-même (1) ; en effet le x^ article de Clarendon déclarait les évêques barons du royaume et vassaux tenant en chef du Roi; le vi' déclarait qu'aucun de ces vassaux immédiats ne pouvait être excommunié ni placé sous le coup de l'interdit sans l'avis de son royal suzerain ; l'Archevêque avaii donc agi en contradiction de ce dernier article des statuts. Pour dire la vérité Thomas Becket crovait avoir obtenu du Roi à Fréteval un consentem.ent aux me-

I. Materials, t. vu, pag. 405 et 411, lettres de Thomas Becket au Pape, « Quam justis », et de Jean de Salisbury à Pierre de Celle, abbé de Saint-Remi, « Mora mea ». Ces paroles sont à remarquer; avec tout ce qui va suivre, elles forment le nœud de la question que les anglicans n'ont pas su ou n'ont pas voulu résoudre: pour quelle cause l'Archevêque de Cantorbéry a-t-il été frappé ? Ces érudits répondent : pour le maintien de la prérogative de son Eglise. Mais on voit ici que c'est pour avoir agi contre les coutumes de Clarendon. Nous le verrons mieux encore tout à l'heure ; mais dès longtemps nous avons cherché à relever les indices qui indiquaient dans quelle voie entrait la querelle.

sures de rigueur qu'il prendrait contre les évêques prévaricateurs; mais nous avons remarqué qu'il y avait là une erreur. D'ailleurs il n'avait voulu s'assurer l'assentiment du prince que pour n'être pas ensuite accusé de troubler la paix, et non point pour se conformer au vf article des coutumes, contre lequel il avait protesté à Clarendon même, puis à Northampton, et qu'il avait ouvertement violé tant à Vézelay qu'à Clairvaux. Il ne s'arrêta pas même à discuter sur ce terrain avec les émissaires des prélats, et leur répondit seulement que les sentences dont on se plaignait ayant été prononcées par le ..Souverain Pontife, il ne pouvait appartenir à un .archevêque de délier les coupables sans l'agrément du chef de l'Église. C'était assez évident; néanmoins les gens du Roi insistèrent pour obtenir une absolution immédiate, en ajoutant que si le primat s'y refusait, leur maître prendrait des résolutions propres à frapper le monde entier de stupeur. Thomas Becket répondit alors que si les évêques de Londres et de Salisbury voulaient prêter en sa présence le serment usité de se conformer au jugement du Pape, lui, pour le bien de la paix et par honneur pour le Roi, prendrait conseil du Souverain, de l'évêque de Winchester, de quelques autres prélats encore, et d'après les avis ainsi exprimés les deux évêques (Pourraient compter être reçus et traités avec douceur et charité, comme des frères, sauf le respect dû au , Pontife romain.

Cette réponse fut transmise aux intéressés ; mais l'archevêque d'York, que le primat exceptait de ses .dispositions miséricordieuses, fit observer que le serment réclamé par Thomas était contraire aux coutu- .mes; et en effet il était interdit par le iv" statut de

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