‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 21 sur 372 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de la foi et de la raison ; mais tout fut inutile.

Henri Plantagenet, de son côté, ne se bornait pas à des démarches diplomatiques, et prenait des mesures pour intercepter la sentence d'interdit qu'il redoutait de voir promulguer en Angleterre (i). Dans ce but, il faisait surveiller étroitement les ports de la côte anglaise, et dès lors les communications de l'île avec le continent devinrent beaucoup plus difficiles ; la Grande-Bretagne se transforma bien réellement en une vaste prison, comme l'avait naguère dit l'Archevêque ; et l'on pouvait s'y permettre les attentats les plus monstrueux au regard de l'Église sans que le Pontife romain pût en être averti. Certainement Henri n'était pas pour cela tout-à-fait à l'abri des foudres apostoliques, ses domaines continentaux ne pouvant être fermés comme l'Angleterre ; et il savait que l'interdit serait rigoureusement observé au moins par les évoques normands, si la sentence venait à être fulminée. L'Archevêque de Rouen, il est vrai, s'était montré fort mécontent d'avoir reçu notification des censures promulguées à Vézelay ; il eût de beaucoup préféré les ignorer, et tenait rigueur au légat de l'avoir si brusquement arraché à ses rêves de pacification; mais tout résolu qu'il fût à ne point promulguer dans son diocèse les condamnations portées par Thomas Becket, il ne s'en considérait pas moins comme obligé à observer l'interdit, si le légat le jetait sur les domaines du Roi. Ses suffragants faisaient en cela cause commune avec leur métropolitain.

Henri Plantagenet ne trouva pas dans ces dispositions qui lui étaient connues m.atière à réflexions

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