‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 22 sur 372 · I. Materials, t. v, pages · texte numérisé non relu

I. Materials, t. v, pages

salutaires, mais au contraire à un redoublement d'activité contre son antagoniste. Le 14 septembre 1166, en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, le chapitre général de Cîteaux se réunissait, selon la coutume, à l'abbaye chef d'ordre, lorsque arriva une lettre scellée du sceau royal d'Angleterre et adressée aux membres de l'assemblée : Henri II représentait en termes fort vifs aux seigneurs abbés que leur ordre donnait asile à un ennemi de la couronne, et que pareille situation devait prendre fin immédiament, si les Pères tenaient à leurs possessions territoriales des deux côtés du détroit. Une telle missive était bien la suite des lettres menaçantes adressées précédemment à l'abbé de Cîteaux. De deux choses l'une, pensait le Roi : ou l'Archevêque sera chassé, contraint d'errer par le monde, et partant incapable de suivre effectivement les affaires ; ou la couronne d'Angleterre s'enrichira des dépouilles des monastères cisterciens, qui compenseront largement un échec diplomatique. Mais le calcul était faux : l'ordre de Cîteaux était trop puissant dans l'Europe entière, les souvenirs encore tout vivants de saint Bernard lui méritaient trop de respect, pour qu'une confiscation brutale et sacrilège ne provoquât autre chose qu'une émotion éphémère ou des protestations sans effet. Que le chapitre général moatrât un peu d'énergie, et le Roi d'Angleterre se trouverait dans une impasse; mais Henri avait appris à compter sur la docilité de l'abbé de Cîteaux ; et l'histoire ne cache pas que dix ans plus tôt l'Ordre avait mérité de sévères paroles de la part de sainte Hildegarde, la grande abbesse bénédictine qu'illuminait l'esprit de prophétie.

Les vénérables abbés ne purent envisager sans

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