CHAPITRE XVIII y<yl
« qu'on les trouve. >/ Guillaume attendit la nuit ; mais dès que l'obscurité fut venue, il monta à cheval et s'élança au galop sur le chemin de Cantorbéry çù il arriva le surlendemain de Noël. Jean de Salisbury était aux côtés de l'Archevêque, mais le Gallois était loin, lorsque le messager transmit les sinistres avertissements du comte. Thomas répondit avec le geste particulier qui lui était familier : passant la main sur sa tête, il dit : « Soit, c'est ici, c'est ici « qu'ils me trouveront, les drôles (i). » Le même jour arriva une lettre écrite par un ami attaché à la cour ; celui-ci répétait en d'autres termes les avertissements donnés par l'oncle du Roi ; Thomas n'en fut pas plus ému, et se contenta de cacher soigneusement dans son sein le pli qu'il venait de recevoir.
Désormais il savait à quoi s'en tenir; le danger était imminent, à n'en pas douter, mais ne venait point du jeune Roi ; pour prévenu que fût Henri Court-Mantel, il conservait toujours au fond du cœur une estime réelle pour celui qui avait été son second père. Le péril ne se trouvait pas davantage dans la série de vexations et d'outrages que se permettaient les frères de Broc ; évidemment ce n'était pas par crainte de ces malandrins que le vieux comte Renaud de Cornouailles avait dit: Je ne réponds de rien. Le danger était ailleurs, et il paraissait clair qu'à AA^inchester on savait ce qui venait de se passer en Normandie. Thomas cependant ne pouvait que soupçonner la vérité d'une manière générale, car les détails que nous allons rapporter ne furent connus que plus tard en Angleterre.
Nous avons laissé l'archevêque d'York et ses deux