‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 217 sur 372 · I. Garciones · texte numérisé non relu

I. Garciones

complices résolus à porter leur cause devant le Roi Henri IL Pendant que le primat reprenait l'exercice de son ministère pastoral, les trois prélats se mettaient en devoir d'exécuter leur plan, s'embarquaient, et à peine arrivés à la côte normande, envoyaient au Roi les Lettres apostoliques qui leur avaient été remises le 30 novembre. Eux-mêmes suivirent leur courrier à une journée de distance (ij.

Henri était au château de Bur ; dès qu'il eut pris connaissance des lettres, il entra dans un de ces accès de fureur que ses courtisans connaissaient trop bien ; et pour la seconde fois il laissa échapper les odieuses paroles autrefois prononcées à Chinon :

« Lâches et félons ! » cria-t-il aux seigneurs qui l'entouraient.

— Mais, Sire, qu'est-ce donc? répondirent quelques « uns d'entre eux ; de quoi est-il question ? Sur quoi « nous avez-vous trouvés en faute ? Dites ce que vous « attendez de nous, qui sommes prêts à vous servir « de notre bras et de notre épée.

— Eh quoi ! repartit Henri avec l'accent de la « rage, voilà un homme qui a mangé mon pain, qui

I. Sur le grave épisode que nous allons retracer, nous uvons les renseignements de Fitzstephen, de Garnier, et de Guillaume de Cantorbéry. Herbert n'était plus là, et ce qu'il dit lui a été rapporté ensuite. Mais nos trois biographes ne s'accordent pas toujours sur les détails, quoique Tensemble de leurs récits concorde ; au reste Guillaume traduit Garnier, c'est évident ; cependant sur le point très important de la conjuration des quatre chevaliers, il assure tenir ses renseignements d'un témoin oculaire ; , c'est une fortune pour nous ; de même nous devons attacher le plus grand prix aux paroles de certains seigneurs que Guillaume entendit à Cantorbéry même ; nous lui accordons par conséquent ici un crédit qu'il ne mérite pas toujours. Pour le reste nous comparons et combinons les récits de Fitzstephen et de Garnier, en les éclairant par l'ensemble des renseignements que l'histoire nous fournit par ailleurs ; car ces conjonctures sont des plus graves et demandent une étude minutieuse à l'écrivain qui veut être impartial et véridique, même envers les criminels.

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