‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 24 sur 372 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sur quoi les seigneurs abbés s'inclinèrent et reprirent incontinent chacun la route de son abbaye. Mais Guarin de Galardin et ses moines refusèrent, autant que le leur permettait l'obéissance religieuse, de se faire complices des faiblesses répétées de l'abbé de Cîteaux :

« Seigneur Archevêque, dit Guarin, ne soyez pas ^i courroucé de ce que vous venez d'entendre, ^^ous <f ne sortirez d'ici que vous n'ayez trouvé meilleur « gîte et ne soyez assuré d'être largement pourvu du « nécessaire.

— <'' Merci, répondit Thomas avec émotion; que « Dieu dans sa bonté vous récompense de votre gé- « nérosité. »

L'Archevêque ne tarda pas à réunir, selon sa coutume, les quelques clercs demeurés fidèles à sa fortune, pour tenir conseil avec eux sur le choix d'une résidence nouvelle. Herbert ouvrit l'avis que l'heure était venue de se souvenir des offres qu'avait faites autrefois le Roi de France, lors de l'entrevue de Soissons (il Thomas n'avait pas refusé d'une manière définitive, et avait même dit que les circonstances pourraient un jour l'obliger à accepter: n'en était-on pas là, puisque le vivre et le couvert allaient manquer aux exilés ? Herbert s'offrait donc à aller rappeler au Roi Louis les propositions que le généreux prince lui avait faites à lui-même avant d'avoir rencontré le primat fugitif. Thomas répugnait à une telle démarche, craignant que la solution du différend n'en devînt que plus difficile ; car le Roi d'Angleterre ne manquerait pas de voir là une manœuvre politique, et lui imputerait les difficultés qui pourraient s'élever du côté de la France. Il fallut

Page 1