‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 240 sur 372 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

la Vierge, à rextrémité du collatéral nord de la nef, et pendant toute la nuit les religieux veillèrent dans l'église. Un violent orage éclata, rappelant celui qui avait grondé au matin du 30 décembre, mais rien ne vint troubler la paix du saint tombeau. Le lendemain deux nouveaux miracles se produisirent, dont l'un eut lieu à l'autel même de Notre-Dame, où cependant les fidèles ne soupçonnaient pas la présence des reliques. Réconfortés par ces signes d'une puissance supérieure à celle des hommes, les moines reportèrent le corps à la crypte, le replacèrent dans le premier sarcophage, que l'on prit soin d'envelopper d'une maçonnerie faite en pierres de taille de grandes dimensions, liées par des crampons de fer et scellées au plomb. Cette construction formait voûte à un pied environ au-dessus du cercueil de marbre; et sur chacune des faces latérales on ménagea deux larges ouvertures en forme d'oculus, qui permettaient aux dévots pèlerins de voir et même de baiser le sarcophage. C'est ainsi que nous voyons encore de nos jours le sépulcre de saint Thomas représenté dans deux vitraux du xiii" siècle, dont l'un se trouve à la cathédrale de Cantorbéry et l'autre à la cathédrale de Sens (i). Tous deux s'accordent parfaitement,

I. Cfr. Westlake, History of Design. — Le R. P. Morris en a reproduit le dessin dans sa brochure The Relies of St. TJioiiias of Canterbiiry (1888), page 6, d'après le vitrail de Cantorbéry. Une sorte de boite est représentée sur la partie supérieure du sarcophage, et figure, pensonsnous, le vaisseau qui contenait la cervelle et le sang du martyr, comme on l'a vu plus haut (page 382) ; les deux vitraux la représentent en couleur verte. Ils donnent aussi le grand chandelier qui est posé sur le sarcophage, et au pied duquel se voit un objet roulé en spirale. Cet objet représente une certaine quantité de cire offerte au saint, et peut-être bien une mesure déterminée selon l'usage que nous verrons plus loin mentionné. Pareil usage était observé en France par les pèlerins de saint Eloi ; et sur toutes les images qui nous parlent de ce dernier pèlerinage, on retrouve le cierge roulé en spirale tel que sur le tombeau de saint Thomas.

même sur des détails de couleurs ; il n'y a donc pas à douter que ce soit là une reproduction exacte, et tel était bien le tombeau qui allait pendant quatre siècles recevoir les hommages de la chrétienté entière. Mais pour suivre le fil de cette merveilleuse histoire et en comprendre les pages les plus glorieuses, il nous faut porter maintenant nos regards au-delà des frontières de l'Angleterre.

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