Materials, t. vu, pag
2. L'abbé de Valazé, en arrivant à la cour pontiiicale, y trouva Jean Cumin et maître David occupés à poursuivre cette négociation ; le dernier était à Frascati depuis le commencement du carême, dans ce but (Mag. David ad Odonem prior. Cantuar. vel ad Gilbertum London. ep. « Timide scribitur », Materials, t. vii, pag. 479) ; or Jean Cumin avait commencé quinze jours avant lui [Ibid., pag. 476, Nuntii régis ad Pictav. archid. ep. « Qui fuerint nuntii »). Le i^"" dimanche de carême tombant le 14 février, Jean Cumin était donc arrivé à Frascati le 31 janvier ; par conséquent il avait dû quitter la Normandie tout-à-fait dans les premiers jours du mois, sinon à la fin de décembre, c'est-à-dire au plus tard quelques jours après l'arrivée des trois prélats au château de Bur. Ainsi Roger et ses deux complices jouaient double jeu, en agissant simultanément auprès du Pape et du Roi comme s'ils n'eussent tenu compte ni du Roi ni du Pape ; ainsi leur appel au Roi ne provenait pas même d'une conviction sincère quoique fausse ; il n'était qu'un piège tendu à l'Archevêque de Cantorbéry ; et par suite la responsabilité de la catastrophe incombe à ces trois prélats pour la plus large part.
encore les détails de leur conduite ; il ne voulut pas néanmoins user de clémence dans une aussi large mesure que peu de mois auparavant : les trois prélats durent demeurer sous la suspense ; mais Gilbert et Jocelin, frappés en outre d'excommunication, obtinrent d'en être absous par les deux légats que le Pape allait envoyer au-delà des Alpes. Et si ces cardinaux tardaient à passer les monts plus d'un mois après le retour des ambassadeurs, le Souverain Pontife permettait que l'absolution fût donnée par l'archevêque de Bourges et l'évêque de Nevers. Des Lettres apostoliques furent expédiées à cet effet le 24 avril 1171 (i).
Tels étaient donc les seuls résultats obtenus par les efforts de tant d'ambassadeurs et de députés : Henri II chassé du temple, les meurtriers et leurs complices ou coopérateurs quelconques frappés d'excommunication, les états continentaux du Roi placés sous l'interdit, et les trois évêques maintenus sous la suspense ; enfin l'examen approfondi de la cause réservé à deux légats. Le Pape avait choisi pour cette mission les cardinaux Albert, du titre de Saint-Laurent in Liicina, et Theodwin, du titre de Saint- Vital. A quelle date passèrent-ils les monts, nous ne le savons pas au juste; mais nous voyons qu'au commencement d'août Gilbert Foliot reçut l'absolution à Gisors (2), et nous devons croire qu'il n'avait pas, non plus que les prélats qui lui prêtèrent leur ministère, connaissance de l'arrivée des légats. Ceux-ci ne devaient pourtant pas être éloignés, car dans ces mêmes jours Henri II partit pour l'Angleterre.
Le 6 août, il abordait à Portsmouth, et passant à
. I. Materials, t. vu, pag. 481, ep. « Fraternitati vestnc non credimus ». 2. R. de Diceto, t. i, pag. 347.