Gerv. Cant. t. i, pag
suffisamment les préoccupations auxquelles obéissait le Roi en quittant la Normandie, pour aller s'isoler pendant deux mois sur les plages occidentales de la Grande-Bretagne. Le i8 octobre il abordait en Irlande, où il demeura cinq mois, recevant la soumission toute pacifique du peuple et du clergé, mais absolument séparé de ses vastes états où pendant ce temps couvait la rébellion (i).
Les deux cardinaux légats, arrivés en Normandie, n'y trouvèrent donc pas le Roi ; et devant l'impossibilité matérielle de lui faire parvenir aucun message, ils résolurent d'attendre son retour, avec une patience sur laquelle Henri Plantagenet n'avait peut-être pas compté. Le Souverain Pontife lui-même n'utilisa pas leur présence pour relever de la suspense Roger d'York et ses deux complices; ce fut à divers prélats qu'il confia la charge d'exiger les serments nécessaires à laver les trois évêques des fautes pour lesquelles ils avaient été frappés, et aussi du crime de coopération dans l'assassinat du primat d'Angleterre, car la voix publique les en accusait (2). Successivement Roger d'York, le 6 décembre 1171, puis Gilbert Foliot et enfin Jocelin de Salisbury, au printemps de 1172, furent libérés des liens qu'ils avaient dû subir, le premier durant une année, les deux autres durant quinze mois.
Quant aux légats, tout ce qu'ils purent faire pendant ce temps fut de donner aux évêques de Norwàch et de Lichfield les pouvoirs nécessaires pour réconcilier l'église primatiale, et la cérémonie eut lieu