‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 249 sur 372 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

en effet le 21 décembre 1171, au milieu de la joie universelle. Le tombeau du martyr, devenu glorieux par des miracles déjà innombrables, ne devait pas demeurer plus longtemps entouré de l'appareil de deuil qu'avait depuis un an revêtu la cathédrale. Barthélémy, évêe^ue d'Exeter, prononça dans cette circonstance une homélie sur le texte du psalmiste : SeciindiLin miiltitudinem dolorum meoruin in corde ineo, coiisolationes tiiœ lœtificaverunt animain meam^ paroles qui s'appliquaient à merveille à cette résurrection de la basilique métropolitaine, dont le triomphe était quotidiennement proclamé par le miracle. Cependant l'heure de la complète victoire n'avait pas encore sonné pour le martyr, dont la gloire débordait pourtant bien au-delà des murs empourprés de son sang ; et nous n'avons pas encore la liberté d'oublier ses meurtriers.

Tandis que Henri II s'enfonçait dans l'Irlande, que les trois évêques négociaient pour voir briser leurs chaînes, que devenaient les quatre chevaliers qui, eux du moins, n'avaient pas la possibilité de recourir à la diplomatie pour déguiser leur crime ?

En quittant le château de Saltwood, où ils étaient rentrés le soir. du 29 décembre, leur forfait accompli, tous quatre se retirèrent au château de Knaresborough, domaine de Moreville. A dater de ce moment la légende s'est emparée de leur nom, et nous rapportons ailleurs quelque chose de ces récits qui ne sont pas encore entièrement oubliés. Mais nous avons certains indices, d'une valeur historique, à l'aide desquels nous entrevoyons assez distinctement la vérité (i). Il est d'abord un fait certain, c'est que

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