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permet d'entrevoir pour le malheureux le salut éternel, sans doute après une terrible expiation.
Un spectacle plus consolant est celui d'Edouard Grim ; on se rappelle que l'épée de Tracy avait fait au fidèle clerc une grave blessure en lui tranchant le bras. Pendant près d'une année le médecin avait cherché à rejoindre et à faire reprendre les tronçons de l'os, et l'on peut imaginer en quel état devait être le pauvre membre après un traitement infructueux de cette durée ; en proie à de cruelles souffrances, Grim demeurait infirme. Une nuit le martyr lui apparut, enveloppa le bras malade dans un linge imbibé d'eau bénite, mêlée à quelques gouttes de son sang, et lui dit : « Va; tu es guéri ». En effet le membre revint à son état normal, les tronçons de l'os brisé se rejoignirent dans les meilleures conditions ; « et la « preuve de cette guérison, ajoute Edouard Grim, ^i c'est qu'au bout de ce bras est la main qui écrit pour « vous ce récit ».
Mais en dehors de ces personnages dont les noms nous étaient connus et se rattachent à l'histoire du martyr, d'autres en foule bénéficiaient de son pouvoir miraculeux. Parmi ceux qui assiégèrent sa tombe avant même que la cathédrale de Cantorbéry fût rendue au culte (i), un jeune homme de Saint-Alban, depuis neuf ans affligé du mal caduc, fut guéri après trois jours et trois nuits de veilles auprès du glorieux tombeau. Un chevalier, réduit au plus triste état par une hydropisie et n'ayant rien gagné aux traitements des médecins de l'époque (2), se fit porter jusqu'à cinq
1. Guill. Cant. pag. 166: « Coruscante jam tempore benignitatis quo martyr Thomas nardum suas passionis effudit,,. »
2. Il avait prié Geoffroy Ridel, « archidiacre de Gantorbéry », de lui envoyer le sien ; le fait est donc antérieur à Tannée 11 73 où Geoffroy devint évêque d'Ely.