Guill. Cant. page
a66 saint THOMAS DE CANTORBÉRY
coutume vers la maison hospitalière qui abritait bétes et gens, faisant entendre en y entrant leur ramage habituel, quand une réplique imprévue attira l'attention : c'était la morte qui sortait de sa cachette, et battant de ses grandes ailes venait se mêler au troupeau. Puisqu'elle avait été vouée, on voulut la porter à Cantorbéry ; et, ajoute le chroniqueur, <" s'il vous « faut des témoignages, vous avez celui du fermier « qui avait élevé la bête, celui du sépulcre du mar- « tyr où on l'amena, et celui des moines qui l'ont « reçue et l'ont ensuite servie au réfectoire. »
D'autres offrandes, d'un caractère moins naïf, étaient apportées par des pèlerins soucieux de contribuer à la gloire du martvr. Par exemple un chanoine offrait un anneau d'or artistement travaillé, dont le chaton était formé d'une pierre précieuse (i); un chevalier anglais donnait une topaze que Robert Courteheuse, duc de Normandie et grand oncle du Roi Henri II. avait jadis rapportée d'Orient; il la rem^ettait entre les mains du sous-prieur de Cantorbéry, « auquel « était confié le • soin de conserver les offrandes faites « pour orner la châsse de Thomas le Martyr (21 » lorsqu'on v travaillerait. Ces derniers mots du chroniqueur nous montrent que les fidèles pas plus que les religieux ne perdaient de vue l'élévation des saintes reliques, que préparait lentement la restauration de la primatiale.
Sur toutes les routes qui conduisaient à Cantorbéry l'on vovait des pèlerins; le long du chemin, et bien longtemps avant d'apercevoir la ville métropolitaine, ils trouvaient de petits édicules tels qu'on en voit encore aujourd'hui dans le midi de la France, abri-