‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 288 sur 372 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

tant quelque image du bienheureux plus ou moins grossièrement taillée; la coutume était d'y déposer une pièce de menue monnaie (i). Malades portés sur des brancards ou traînés dans des charriots rustiques; pauvres aveugles venus souvent de loin, guidés par un compagnon qu'ils payaient pour cela sur leurs maigres ressources ; chevaliers cheminant sur leur palefroi, jusqu'à ce qu'ils fussent en vue de Cantorbéry où ils ne voulaient entrer qu'à pied après avoir prié les genoux en terre ; tel était le spectacle qu'offraient les diverses voies aboutissant à la cité bénie. Les enfants même ne manquaient pas à ce tableau, nous l'avons constaté; le martyr d'ailleurs les aimait et en témoignait par ses œuvres ; parmi les miracles qui nous ont été rapportés, on trouve un grand nombre de prodiges opérés en faveur de tout petits enfants que le saint arrachait au tombeau. Un de ces innocents privilégiés, mort peu après sa naissance, fut ressuscité par une goutte du sang du martyr, et se prit aussitôt à sourire comme s'il se fût éveillé d'un paisible sommeil; et lorsque huit mois après, sa mère le portait à Cantorbéry pour remercier le saint, dès qu'on fut en vue des tours, le gai poupon qui ne parlait pas encore se prit soudain, dit le chroniqueur, à chanter de sa petite voix claire : Kyrie eleison, à la grande surprise de ses parents [2). Mais les clients du martyr étaient pour la plupart des malades qui venaient chercher leur guérison, et très souvent des lépreux. On voyait les pauvres affligés persévérer dans leurs prières pendant plusieurs jours, quelquefois des semaines entières, soit dans la crypte même, soit plus humblement encore à la porte

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