Guil. Cant. pag
2. Ibid. pag. 308. L" ampoule dont nous donnons ci-dessus la description porte à sa partie supérieure deux petites anses qui prouvent bien que cet objet était destiné à être suspendu au cou, comme le rapporte l'annaliste des miracles.
respect leur ampoule soit dans leur propre maison, soit dans une chapelle où parfois plusieurs se trouvaient réunies autour de l'autel, attestant le nombre de pèlerins partis de là pour Cantorbéry. Le prêtre qui desservait le sanctuaire prenait soin de ces précieux souvenirs, et venait y chercher le remède miraculeux qui rendait la santé aux infirmes et souvent la vie aux morts.
Les prodiges continuaient en effet à se multiplier de tous côtés, soit par l'eau de saint Thomas, soit par le contact de ses reliques, soit même par l'invocation qui jaillissait du cœur des fidèles dans un moment de péril. Les marins recouraient très fréquemment au saint martyr, qui semblait se souvenir des dangers qu'il avait autrefois courus sur mer, et apportait un prompt secours. Les moines de Cantorbéry entendaient même à ce sujet des récits auxquels ils avaient peine à croire ; mais en hommes sensés ils se rendaient pourtant lorsque de bons témoignages affirmaient les faits ; ainsi en fut-il pour celui que Guillaume nous rapporte sur la foi de deux témoins indépendants. Un allemand, après être venu en pèlerin au tombeau de saint Thomas, s'était embarqué pour la Terre-Sainte ; le navire était déjà dans la Méditerranée lorsque le passager mourut. Selon l'usage on le dépouilla de ses vêtements, et on confia son corps aux flots pour le garder jusqu'au jour de la résurrection. Le soleil n'était pas encore couché. Le vaisseau continua sa route; mais au milieu de la nuit le capitaine, qui faisait le quart sur la dunette, vit avec effroi le mort sortir de la mer, se hisser jusqu'au bastingage et tout ruisselant d'eau sauter sur le pont. Croyant à un revenant, le marin osa pourtant l'interroger : « Oui, « c'est moi, répondit l'allemand qui était bien vi-