‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 3 sur 372 · Fitzst. Materials, t. m, page · texte numérisé non relu

Fitzst. Materials, t. m, page

3. Nous suivons ici le récit de Herbert ; Fitzstephen donne à peine quelques brèves indications sur cette période, car il était alors en Angleterre et ne vit Thomas qu'en passant, lors du pèlerinage à Fleurysur-Loire où il rencontra par hasard l'Archevêque. Il est plus surpre-

loppei" verbalement les pensées brièvement consignées dans la lettre que Thomas adressait au prince, et où nous lisons ces mots :

« La Fille de Sion est captive dans votre royaume ; « l'Épouse du souverain Roi gémit sous l'oppression « de ses ennemis, elle est persécutée par ceux-là « mêmes qui devraient l'honorer le plus, et spécia- « lement par vous. Oh ! qu'il vous souvienne des « grandes choses qu'a pour, vous accomplies le Sei- « gneur! Brisez les chaînes de l'Église, rendez-lui ses « droits, pour le bien de votre royaume ; vous écarterez « ainsi tout reproche de votre lignée royale, en assu- « rant la paix de votre propre règne. Écoutez le conseil « que je vous donne, bien-aimé seigneur, sérénissime « Roi. Dieu est patient, mais il est aussi un vengeur « terrible. Suivez mes avis, et revenez à la pratique du « bien ; Dieu vous le rendra en gloire ajoutée à votre « couronne, et ses bienfaits s'étendront jusqu'aux der-

nant de constater que Roger de Pontigny se tait absolument sur cette phase, à laquelle pourtant il assista comme témoin oculaire. Mais c'est que ses modèles, Garnier et Guillaume de Cantorbéry, n'en parlent pas non plus. Ainsi nous demeurons réduits au seul témoignage de Herbert, d'ailleurs bien placé pour connaître les faits. — En ce qui concerne l'ordre des trois lettres, nous ne suivons pas l'éditeur des Materials (t. v, pages 266-282). En effet la lettre « Loqui de Deo » est bien la première en date ; mais elte doit être suivie de la lettre << Desiderio desideravi », car celle-ci, dès le début, explique pourquoi la précédente se terminait par une invitation à un colloque ; « desideramus cum gratia vestra benigno vestro uti coUoquio », disait la première ; et la seconde: « Desiderio desideravi videre fifciem vestram et loqui vobiscum,... propter me,... propter vos,... » etc. L'abbé de Cercamp dont le Roi parle comme du porteur d'une lettre insolente de l'Archevêque (ci-après) est bien Urbain ; pour s'en convaincre, il suffit de comparer le récit de Herbert (t. m, page 383) avec la liste de& abbés de Cercamp donnée par le Gallia (t. x, col. 1337). Or, c'est lui qui porta au Roi la lettre « Desiderio desideravi », qui est donc la seconde, non la troisième de celles qu'écrivit saint Thomas à Henri H ; aucune appréciation personnelle du style des lettres ne saurait prévaloir contre les indices absolument historiques que nous Tenons de relever.

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