‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 308 sur 372 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

désormais saint Thomas y attire surtout le concoursdes fidèles. Son tombeau est toujours là, rétabli après la translation des reliques dans l'état où il se trouvait auparavant (i) ; au-dessus est suspendue la haire de crin du saint martyr, comme le seront plus tard audessus du tombeau du Prince Noir son heaume, ses gantelets et son pourpoint de bataille. Cependant le sarcophage est vide ; mais tout auprès un trésor inestimable attirera les pèlerins, lorsque le chef de saint Thomas, extrait de la grande châsse, sera offert à leur vénération dans un buste d'argent {2) : de petits volets, ménagés à la partie supérieure du front, permettront de voir la blessure béante par laquelle pénétra le glaive de Hugues Mauclerc

Le groupe des pèlerins peut revenir sur ses pas,.

1. Tel nous le montre le vitrail du xiii'' siècle, qui aujourd'hui encore,, à Cantorbéry même, donne la disposition de la châsse et du tombeau. Nous l'avons déjà cité plus haut.

2. Cette ouverture de la châsse pour en extraire le chef de saint Thomas n'est mentionnée par aucun historien, nous le savons ; mais il faut bien qu'elle ait eu lieu, car d'une part l'anonyme d'Evesham, en racontant la translation de 1220 dit qu'Etienne Langton trouva dans le tombeau « le corps » du martyr, et le déposa « tout entier *> dans le reliquaire ; évidemment le chef ne manquait à ce corps <( entier » ni dans le sarcophage ni dans la châsse ; et le chroniqueur ajoute que le primat garda seulement hors de celle-ci « pauca ossicula «. D'autre part, au xv!*" siècle, Erasme affirme avoir vu le chef du saint dans un buste d'argent, comme nous le décrivons (Stanley, pag. 284). De deux choses l'une, par conséquent : ou cette relique insigne a été extraite de la châsse après la translation de 1220, ou les moines de Cantorbéry ont fait vénérer aux pèlerins une relique supposée. Mais le simple bon sensdit qu'on ne suppose pas une relique quand on la possède. Nous sommesdonc obligés de croire qu'il v eut réellement ouverture de la châsse pour en extraire le chef du saint, et probablement plusieurs autres ossements. Quand eut lieu cette cérémonie ? Nous pensons que ce fut â la fin du xiii'^ siècle, étant donnée la forme du reliquaire dans laquelle on plaça le chef ; auparavant, on n'avait pas, que nous sachions, la coutume de faire les châsses ouvertes, ni en forme de bustes, de bras, de statues, comme on en vit tant aux xiv" et xv"^ siècles ; et la première mention d'une offrande faite â la relique du chef de saint Thomas est de l'an t?'^-^.

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et s'engager dans le couloir ménagé sous le grand escalier qui donne accès de la nef dans le chœur: ce dégagement met en communication directe les deux bras de la croisée. Mais on peut aussi traverser la crypte, et remonter dans le transept méridional, d'où les pèlerins, longeant le chœur par le déambulatoire, arrivent à l'escalier qui gardera leur nom même pendant les siècles de désolation ; ils le gravissent à genoux et parviennent à la chapelle de la Sainte-Trinité, au centre de laquelle s'élève le piédestal qui porte la châsse de saint Thomas. Six colonnettes de sept pieds environ, disposées sur deux lignes parallèles à l'axe de l'église et réunies par des arceaux cintrés, soutiennent une plate-forme sur laquelle est solidement fixé le grand reliquaire, ordinairement couvert d'une enveloppe mobile en bois (i). A l'approche des pèlerins, surtout s'il se trouve parmi eux quelque personnage de marque, les custodes de la châsse font jouer sur des poulies fixées à la voûte des cordes qui soulèvent et déplacent cette enveloppe, et « la fierté » étincelle aux yeux éblouis des tidèles. Par ses dimensions elle dépasse tout ce qu'a produit avant le xiii^ siècle l'orfèvrerie religieuse ; elle est entièrement couverte de lames d'or : sous des arcatures en relief de même métal, qui décorent les faces, sont ciselées des statuettes d'anges et de saints ; puis une infinie variété de trilobés, de rosaces et d'entrelacs, tous d'or et en relief sur le fond d'or, sertissent une multitude de pierres, d'émaux, et de camées antiques, dons des plus grands princes comme des simples chevaliers. Diamants, saphirs, émeraudes, rubis balais, topazes, mêlés aux agathes, aux onyx, aux cornalines; l'œil

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