I. V. t, I, pages
pouvait donc craindre le janséniste qui formulerait ses critiques au sujet de saint Thomas? En y mettant de la mesure, il pouvait espérer que ce levain produirait son effet dans un milieu trop bien préparé.
VAniiée chrétienne de Nicolas Letourneux tenta cette entreprise ; elle ne parla point de brûler les i reliques ni de renverser les autels du martyr, pas ; même de réviser le procès de sa canonisation ; elle j donna seulement sa biographie en deux pages aussi j sèches que tout le reste de l'ouvrage (i), et la fit suivre d'un commentaire de l'épitre et de l'évangile ; que l'Église lit à la messe du 29 décembre: mais quel j chef d'oeuvre ! La page de saint Paul, le texte évangé- : lique du Bon Pasteur, dans lesquels l'Église avait j cherché l'éloge du pontife martyr, deviennent le ; thème des prétéritions accusatrices de l'écrivain dont l'œil exercé a découvert toutes les faiblesses de saint \ Thomas; puisse Dieu, dans sa miséricorde, préserver de pareilles défaillances les disciples de Nicolas Letour- j neux! C'est tout ce qu'ils peuvent conclure en fer- ; mant de telles pages. !
Toutefois ce n'est là qu'un essai, presque timide; j à leur tour d'autres viendront qui seront plus hardis. I Nous arrivons au xviif siècle, et une nouvelle collection hagiographique sort de l'officine janséniste, afin de mettre la piété des fidèles en harmonie avec le mouvement qui s'est produit; Mésenguy, appelant de la Bulle Unigcnitus^ consacre deux volumes à écrire la vie des saints pour tous les jours de l'année-, d'après les habitudes encore imprégnées de la vieille
I. I.Wnncc chrétienne fut inscrite au catalogue de rindex. Mais comme une des libertés gallicanes était de ne pas reconnaître les sentences de l'Index, le livre, comme beaucoup d'autres, pénétra sans obstacles dans toutes les familles pour les empoisonner.