‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 331 sur 372 · LES MEURTRIERS · texte numérisé non relu

LES MEURTRIERS

Le sort des quatre chevaliers est demeuré enveloppé de quelque mystère jusqu'à présent; d'une part la légende s'est emparée de leurs noms ; d'autre part l'érudition n'a pu trouver de textes assez probants pour établir d'une manière certaine ce qu'il advint des meurtriers durant les années qui suivirent le crime. Seul le doyen Stanley a suivi leurs traces avec une persévérance remarquable, et c'est presque une biographie qu'il donne en parlant de chacun à'evLx[Historical Me)}wriaïs of Caiiterbnry,-ç2ige,s 70, 106 et suiv.); il nous dit quels étaient leur origine et leur lignage ; il nous cite des faits qui aident à les suivre dans l'histoire et dans la tradition orale ; malheureusement il n'a rien à nous donner pour combler la lacune que nous venons de signaler ; ou plutôt nous nous trompons : il nous cite deux documents fort importants, exhumés par lui des archives de la primatiale, qui fixent le sort de Guillaume de Tracy (i); mais il n'ose conclure. Ses recherches, les plus complètes qui aient été faites jusqu'à présent, sont certainement très fructueuses ; elles permettent de limiter le champ que la légende s'était donné, mais nous croyons qu'il reste quelque chose à dire. Nous ferons d'abord connaître d'une manière générale les récits populaires qui eurent si longtemps cours qu'on ne peut les ignorer tout à fait; nous en éliminerons les circonstances évidemment fausses ; puis nous chercherons à établir les points que de bons témoignages, trop négligés, nous permettent d'affirmer.

La partie légendaire de ce travail ne laisse pas que d'oiïrir des difficultés, car on y trouve les contradictions les mieux caractérisées, mais nous n'avons qu'à raconter. Suivant certaines traditions populaires, les chevaliers se rendirent d'abord au château de Saltwood, d'oîi le lendemain ils partirent dans la direction du sud, s'arrétant au manoir de South-Malling ; mais là des signes effrayants se manifestèrent. Une table, sur laquelle les meurtriers avaient dé-

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