‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 335 sur 372 · LES MEURTRIERS ■ ^4 I · texte numérisé non relu

LES MEURTRIERS ■ ^4 I

les ordres du Pontife qui siégerait alors sur la Chaire de saint Pierre. Deux des chevaliers acceptèrent aussitôt ces conditions (i); les deux autres^ effrayés d'abord d'une si rude pénitence, firent quelque difficulté de s'y soumettre ; plus tard cependant ils revinrent sur ce sentiment et suivirent l'exemple des deux premiers.

Telle est la version de l'Anonyme. Il note que les décisions d'Alexandre III ne lui sont connues que par oui-dire; toutefois l'ensemble de ce récit s'accorde avec ce que nous savons de meilleure source. La fuite en Ecosse et les consultations demandées d'abord au Roi expliquent le séjour d'un an à Knaresborough et dans les contrées du Nord ; le départ de Tracy, seul et précédant les trois autres, est avéré ; l'attitude de Henri II est conforme à l'histoire. Le service de quatorze années en Palestine n'a rien qui contredise le peu que nous savons par ailleurs ; ainsi l'on ne retrouve Moreville que la première année du règne de Jean Sans- Terre ; de 1 171 à cette date il y a place pour le séjour en Palestine. Fitzurse et Le Breton y sont peut-être morts, ce qui expliquerait comment on ne retrouve plus leurs noms dans l'histoire d'Angleterre et pourquoi le peuple a commencé à dire que tous les meurtriers de saint Thomas avaient péri en Terre-Sainte. Pour Fitzurse, nous savons comment à une date assez voisine de 1171, le martyr apparut dans une nuit de tempête (ci-dessus page 433), pour réclamer en faveur de son assassin une prière, probablement celle qui sauve à la dernière heure. En résumé, si quelque détail de ce récit est erroné, ce qu'il faudrait prouver, nous estimons qu'il donne tout ce que l'on sait de plus certain sur le sort des quatre chevaliers.

I. D'après les détails donnés plus haut, ce seraient Tracy et Fitzurse.

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