Materials, t. vi, pag. 485. « Quanto te
LA FAMILLE DE SAINT THOMAS BECKET '^Sq
était fils d'Agnès? Nous ne savons; mais l'un des deux Tétait, tandis que l'autre était fils de Rohesia ; celle-ci était mère également de Jean, auquel Henri II assigna la succession maternelle, lorsque Rohesia vint trouver le souverain pénitent à Cantorbéry (i). Voilà donc quatre neveux du saint ; les trois derniers sont venus en France lors de la tempête qui arracha au foyer et à la patrie tous les parents de Thomas Becket. Rohesia et ses fils furent d'abord accueillis par l'abbé de Clairmarais. auquel Alexandre III écrivit une lettre de remerciements (2). Gilbert et Geoffroy allèrent aux écoles de Bologne, où la libéralité de Guillaume de Champagne leur permit d'étudier successivement (3) ; puis ils passèrent en Sicile, ou au moins l'un d'entre eux 14). D'après la tradition italienne, il séjournèrent à Rome, où il y avait une famille Becket au temps d'Innocent III. Tous deux moururent à Vérone, où ils seraient enterrés ; sur ce point la tradition est puissamment confirmée par l'existence, à Vérone même, de l'église de Saint-Thomas de Cantorbéry et d'une belle relique du martyr.
Les Becket fixés à Rome passèrent à Fabriano ; et ce fut là que naquirent, au xiv* siècle, Jean et Pierre Becket^ deux frères^ qui entrèrent au monastère des Ermites de Saint-Augustin, remplirent dans leur Ordre des charges importantes, et moururent à Fabriano vers l'an 1425. Leur sépulcre devint glorieux par l'éclat des miracles; et le 28 août 183^, le Pape Grégoire XVI reconnut et confirma le culte qui leur était rendu.
Au xvif siècle, bien d'autres familles que celle de Fabriano prétendaient à l'honneur d'une parenté avec saint Thomas de Cantorbéry ; un biographe relevait alors les noms des Becchetti «le Plaisance, de Vérone, de Sacca en Sicile, de Berceto dans le Parmesan ; puis les Minerbetti de Florence, les Morselli de Vigerano et de Plaisance. Nous ne nous inscrirons point en faux contre ces diverses prétentions, puisque nous ne pouvons examiner les pièces du procès; toutefois nous n'entendons mentionner ces derniers noms qu'à titre de renseignements.
La France réclame aussi l'honneur de posséder quelques rejetons de la famille Becket. Nous voyons par une lettre de saint