‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 35 sur 372 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pas homme à reculer pour cela. Parvenu à la cour pontificale, il se mit en devoir de purger sa propre situation ; aussi bien, les condamnations portées par le légat ayant été confirmées par le Souverain Pontife, Jean se trouvait, comme excommunié, inhabile à agir avant d'avoir été relevé de la censure. L'adroit diplomate parvint à convaincre Alexandre III de son innocence quant aux relations nouées par lui avec l'Empereur : comment s'y prit-il pour nier un fait de notoriété publique? Peu importe, et nous savons au reste qu'il ne regardait pas à un parjure. Quant à la question du doyenné de Salisbury, accepté par lui en violation d'une prohibition pontificale et de toutes les règles canoniques, il trouva sa défense facilitée par un appel des chanoines de cette Église. Ceux-ci, sacrifiant généreusement les droits de leurs collègues du même chapitre exilés avec l'Archevêque, protestaient qu'ils tenaient pour bonne et valide l'intronisation de Jean d'Oxford. Il restait néanmoins que le Pape avait interdit à Jocelin de Salisbury de conférer ce titre, et que l'évêque et le candidat avaient passé outre. Sur ce point, Jean s'excusa personnellement, en alléguant les ordres impérieux du Roi et la crainte inspirée par le terrible Plantagenet. Comme dernier argument, il résigna entre les mains du Souverain Pontife la dignité usurpée ; tactique presque toujours heureuse à l'égard des cœurs généreux. Comme il ne s'agissait point là de l'Église primatiale ni d'un adversaire du Roi, Alexandre III n'hésita pas un moment à absoudre le coupable et à lui restituer son doyenné, en lui passant au doigt un anneau d'or en signe d'investiture (i).

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