CHAPITRE III
'T. frère du prêtre qui a été jeté en prison dira le « reste en vous remettant cette lettre. Daigne Votre « Sainteté prendre pitié de nous et de l'Église (i) ! » Les mailles du réseau qui enserrait l'Angleterre n'empêchaient donc pas toujours de bons témoins de passer la mer ; et en confiant sa lettre au frère d'une des victimes, Thomas achevait de confondre les mensonges du Roi Henri ; mais on sait ce que vaut ordinairement le plaidoyer d'un absent. Jean d'Oxford était un redoutable adversaire ; il s'insinuait dans les bonnes grâces du Pape, en faisant briller à ses yeux l'espoir d'une pacification qu'Alexandre III désirait par-dessus tout. C'était chose facile à réaliser, affirmait l'ambassadeur, pourvu qu'on recourût à un mter- I médiaire fidèle ; et il avait bien le front d'ajouter que lui-même s'en chargeait sans embarras (2). Au nom du Roi, son maître, il consentait à tout ce qu'on demandait, acceptait des conditions dont Henri ne voulait ■ pas entendre parler (3), Jean le savait bien. Ses deux i acolythes, ne comprenant rien à sa diplomatie, l'ac- / cusaient tout haut de trahison ; mais le Jureur allait toujours, accumulant les malentendus, se posant en homme indispensable, quitte à mentir ensuite au Roi comme il mentait présentement au Pape. Les événements le servaient d'ailleurs étrangement ; un orage redoutable se formait à l'horizon du côté de l'Allemagne, et une nouvelle descente de Barberousse en