‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 46 sur 372 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le monde en France, et le retard interminable que mettaient les cardinaux légats à passer les Alpes laissait le champ libre à toutes les émotions excitées par le passage du Jureur. Pour sa part Louis le Jeune était plus irrité que personne, et il avait pris ses mesures pour faire notifier aux légats l'interdiction de mettre le pied sur ses domaines (11. Cela n'était pas pour apaiser l'agitation des esprits, et de tous côtés l'on n'entendait parler que des cardinaux. Que venaient-ils faire? Quel était leur plan, quelle conduite adopteraient-ils ? Et chacun, naturellement, de répondre selon ses propres idées, puisqu'on ne pouvait pas connaître la lettre adressée par le Saint-Père à ses légats pour modifier leurs pouvoirs ('21. L'esprit français se donnait carrière, faute de mieux, à propos du titre de chacun des cardinaux :

<^ Veulent-ils, disait l'un, lier l'Église avec les chaînes « de Saint-Pierre? »

« Oui, répondait l'autre, et ensuite ils la jetteront « dans le Tullianum. »

On aurait eu mieux à faire de consulter leurs antécédents ; pour l'un d'eux, du moins, la conclusion eût été plus favorable. Odon, du titre de Saint-Nicolas in carcere^ s'était déjà trouvé en rapports avec l'Archevêque de Cantorbéry, et avait témoigné de ses dispositions aussi franchement favorables au primat qu'hostiles au schisme impérial (3); Thomas aurait pu en espérer tout bien, s'il n'eût été adjoint à un homme dont le passé trop connu présageait l'avenir. Cet homme était Guillaume, cardinal de Saint-Pierre-èsliens. On l'appelait communément Guillaume de Pavie,

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