Fitzstephen, page
SAINT THOMAS DE CAXT0RB!;RY
terre (i). Pour lui, reprenant la plume, il écrivit au Roi (2) :
J'ai désiré d'un grand désir voir votre face et vous parler, pour des raisons qui me touchent, il est vrai, mais vous touchent bien plus encore. En me revoyant, vous eussiez retrouvé le souvenir des services que je vous ai fidèlement rendus jadis, « selon que la cons- « cience me l'a permis (^3); » et peut-être alors eussiezvous éprouvé quelque pitié pour un ancien serviteur, aujourd'hui condamné à vivre d'aumônes sur la terre étrangère. D'autre part, vous êtes mon seigneur, mon roi, et mon fils spirituel. Comme à mon seigneur, je vous dois conseil et service, selon l'honneur de Dieu et de la sainte Église ; comme à mon roi, je vous dois respect et avertissement; comme à mon fils, enfin, réprimande et correction, selon le devoir de la charge épiscopale. Car, si vous régnez, c'est par la grâce de Dieu, vous le savez bien, et telle est la source de vos obligations envers vos peuples et envers vous-même. Quant à l'Église, <{ le Christ l'a fondée, lui a conquis la liberté « 'au prix de son sang, souffrant la flagellation, les « crachats, les clous et les angoisses de la mort, nous « laissant ainsi un exemple qui nous enseignât à « marcher sur ses traces >. Or, l'Église est composée de deux ordres, celui des clercs et celui des fidèles. Dans le premier se rangent les Apôtres, les hommes apostoliques, les évêques, et tous ceux qui ont charge d'enseigner, de régir les âmes, de gouverner les choses d'Église, en sorte que tout concoure au salut des fidèles. Parmi ceux-ci se rangent les rois, princes, ducs et