‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 58 sur 372 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

'K telles controverses. Pour lui rendre la paix, ne ^< feriez-vous pas sagement de vous retirer spon- «; tanément de la lutte? »

Et le cardinal continua à développer ce thème avec toutes les ressources de son éloquence doucereuse ; mais les temps étaient changés :

— Je ne me retirerai point, déclara l'Archevêque; •'< ce serait donner un exemple désastreux, qui porte- <?: rait de mauvais fruits pour l'Eglise. Qui donc « aurait ensuite le courage de protester contre les « atteintes portées à sa liberté ? Si l'on voit les « pasteurs se dérober, qui donc se lèvera pour être ^< à leur place le rempart d'Israël? Aussi bien n'avons- ''< nous pas sous les yeux l'exemple du seigneur ^<. Pape? Songe-t-il à . descendre du Saint-Siège? Et ^< parmi ses prédécesseurs, lequel a déserté la lutte?

— Soit ; mais alors il y aurait un moyen terme : '< on ne vous demanderait pas de sanctionner ni ^i d'autoriser les coutumes ; vous vous borneriez à les '< tolérer, à les ignorer; on n'en ferait même aucune ^<: mention, et ainsi la paix serait vite conclue.

— Le Roi, dit Thomas, est en possession des cou- «; tûmes et prétend les faire observer ; voilà le fait. « Que maintenant je me taise; qu'en conséquence « de votre intervention, seigneurs cardinaux, l'on « fasse le silence sur ce point ; ne sera-ce pas aux « yeux du Roi et de tout le peuple une approbation « tacite ? Car vous le savez^ en pareil cas c'est un « adage : qui ne dit mot consent ».

La réplique était rude, et Guillaume avait des raisons spéciales pour comprendre cet argument ad hominem (i). Il se hâta d'en arriver à l'insidieuse

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