‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 59 sur 372 · I. Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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proposition qui résumait tout son plan, et qu'en bon politique il n'avait pas voulu jeter en première ligne. Sachant bien d'avance que l'Archevêque repousserait les autres expédients, il avait réservé son arme de choix ; mais il était temps de l'employer :

« Refuseriez-vous, dit-il à Thomas, de vous en « rapporter à notre arbitrage sur les questions con- « troversées entre vous et le Roi ? //

Nous l'avons dit, Guillaume ne tendait qu'à se faire reconnaître comme arbitre depuis le jour où le Pape lui avait retiré ses pouvoirs de juge. Agréé par le Roi et les évêques les plus influents, il ne lui manquait que l'assentiment du primat. Or il faut le remarquer, si résolu que fût l'exilé à ne jamais accepter Guillaume de Pavie pour juge en dernier ressort, il n'était pas à beaucoup près libre de répondre par un refus pur et simple à la proposition que formulait officiellement le légat ; c'eût été donner à ses adversaires un argument spécieux pour prouver que l'Archevêque de Cantorbéry était seul responsable d'une situation profondément troublée, puisque seul il se refusait à profiter des bons offices d'un légat apostolique. D'autre part, accepter l'arbitrage d'un homme aussi justement suspect que le cardinal, c'eût été se livrer pieds et poings liés. Thomas prit donc le parti de se référer aux conditions posées par lui naguère dans une de ses lettres au Roi :

c< Qu'on nous rende, à moi et à mes compagnons c< d'exil, les biens qu'on nous a pris; qu'on nous « remette en possession de notre siège ; et alors nous « accepterons volontiers la sentence de tel juge que « Sa Sainteté désignera, au lieu et au temps conve- « nables. Jusque là, et dans notre situation présente, « il nous est impossible de songer à soutenir un

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