I. Materials, t. vi, page 269, ep. « Proxima quinta feria
vant, vigile de saint André, le Roi partit en forêt dès l'aurore; il y avait un plan arrêté, chacun le comprit; cette absence était calculée. De bon matin, réunion des prélats dans la chapelle royale, puis dans la salle du conseil; délibération, puis réunion dans l'église voisine du logis des cardinaux. Ceux-ci prennent séance pour entendre ce que les prélats désirent leur communiquer. Il y a là les archevêques d'York et de Rouen, les évêques de M^orcester, de Salisbury, de Bayeux, de Londres, de Chichester et de Lisieux, nombre d'abbés, une foule de clercs et de laïques. L'évêque de Londres se lève^ et on devine le trouble de son esprit au désordre de sa harangue. Voici son début : Vous savez, dit-il aux cardinaux, que nous avons reçu des Lettres apostoliques (nous les avons entre les mains), par lesquelles le seigneur Pape nous enjoint de nous rendre à votre appel et nous fait savoir que vous avez tous pouvoirs pour trancher le différend qui existe entre le Roi et sa Seigneurie de Cantorbéry comme entre elle et nous-mêmes. Aussi en apprenant votre arrivée dans ce pays sommes-nous accourus, tout prêts à nous en remettre à votre jugement et à suivre telle procédure que vous indiquerez. Quant au seigneur Roi, il se déclare de même prêt à ratifier la sentence que vous porterez (i). Ainsi ni de sa part, ni de la vôtre, ni de la nôtre, nul obstacle à l'accomplissement des ordres du seigneur Pape. Mais l'Archevêque n'agit jamais qu'avec précipitation ; il frappe avant d'avoir averti, suspend, excommunie sans monitions préalables: nous tenons donc à prévenir par
I. On voit aisément ici quel plan avait été élaboré dans les conférences des deux journées précédentes ; toujours il s'agit d'en venir à ériger Guillaume de Pavie en juge véritable et sans appel. La seconde lettre du Souverain Pontife est tenue pour non avenue, et Ton poursuit l'application du programme formulé à Sens devant Alexandre III.