‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 67 sur 372 · Ci-dessus page · texte numérisé non relu

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tement faite à ses inhibitions fut bien plus sévère encore. Thomas n'oubliait pas comme d'autres que le titre de légat lui demeurait toujours; aussi l'Archevêque exilé fit-il répondre en substance aux cardinaux : « Je sais, et vous savez de même, jusqu'à « quel point vos ordres m'obligent; avec l'aide de « Dieu j'agirai selon qu'il me paraîtra expédient pour « l'Église. Quant à vous, au lieu de prétendre me « tracer mon devoir, songez à discerner le vôtre ; « relisez les instructions du seigneur Pape, et pressez « les excommuniés de donner satisfaction. »

C'était mettre les légats au pied du mur ; ils durent avouer alors leur faiblesse et leur impuissance, en arguant du fait que les détenteurs des biens usurpés avaient été mis en possession par le Roi; or le prince étant mal disposé, les seigneurs cardinaux hésitaient, préférant s'en remettre à l'avenir (i). L'Archevêque au contraire se préparait à reprendre la suite de la campagne inaugurée par lui à Vézelay, mais suspendue par la mission des deux légats ; celle-ci n'ayant porté aucun fruit, les cardinaux se déclarant eux-mêmes désarmés et sans force, le primat se trouvait seul en position d'agir, et considérait comme un devoir de poursuivre. Les premiers coups portés par lui avaient presque donné la victoire : il n'en était que plus fondé à espérer un succès définitif comme résultat des mesures annoncées, pressenties d'ailleurs par tout le monde. C'était l'interdit que l'on prévoyait généralement comme le terme inévitable auquel aboutirait la résistance du Roi et de l'épiscopat. On savait universellement que Henri ne redoutait rien davantage, et qu'il se sentait incapable de résister à ce coup terrible

I. Materials, t. vi, page 312 ; ad Thnmam Cant. t-p. « Nuntium vcstrum ».

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