‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 69 sur 372 · Page 280, ep. « Venientes ad terram · texte numérisé non relu

Page 280, ep. « Venientes ad terram

d'Angleterre il reprenait le plan jadis tracé par lui à Sens avec le concours d'Arnulf de Lisieux, remettant en circulation l'idée d'obtenir le transfert de l'Archevêque à un autre siège. Un incident inattendu vint un instant déranger sa tactique: le primat lui notifiait l'excommunication qu'il lançait contre Gilbert Foliot. Mais le cardinal ne se laissa pas arrêter pour cela ; il répondit à l'Archevêque en le pressant de ne point publier la sentence tant qu'il restait le moindre espoir de pacification (i) ; et pendant que Thomas consentait à laisser quelque répit à l'évêque de Londres, les deux cardinaux s'empressèrent d'écrire au Saint-Père pour le mettre en garde contre les mauvais rapports qu'on pourrait lui faire sur le compte de Gilbert Foliot,

Enfin le Roi lui-même envoyait à Bénévent une nouvelle ambassade, à la tête de laquelle il plaçait Clérambaud, cet abbé intrus de Saint-Augustin, auquel Thomas Becket avait refusé la bénédiction, auquel les moines de l'abbaye fermaient obstinément leurs portes, et qui devait sous peu d'années être ignominieusement déposé ; c'était un digne continuateur de l'œuvre commencée par Jean d'Oxford.

L'Archevêque n'ignorait rien de toutes ces manœuvres, que d'ailleurs lui avait fait clairement pressentir la lettre des cardinaux reçue au mois de décembre. Il agissait activement, lui aussi, et tout en préparant le coup décisif qu'il était résolu à frapper, il ne négligeait pas d'éclairer la cour pontificale. Ses mandataires faisaient diligence pour arriver aux pieds du Pontife romain aussi promptement que ceux de la partie adverse ; ils portaient des lettres du primat, mais celui-ci envoyait en outre au Pape les originaux

I. Page 326, Johan. Sarisb. ad Raldwinum Kxon. archid. ep. « Si nihil humanum ». ^..-^ —

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