CHAPITRE V
des épitres qu'il avait reçues des cardinaux (i), et ses agents avaient ordre de les mettre sous les yeux du Souverain Pontife. On ne pouvait apporter au débat de pièces plus authentiques ni discuter plus loyalement. Quant au projet de translation du primat de Cantorbéry au siège de quelque autre grande ville, voici comment l'exilé en parlait dans ses instructions :
^i. Faites savoir au seigneur Pape et à nos autres « amis, dites-leur bien nettement, que nous aimerions « mieux périr par l'épée que de nous laisser arracher « à notre mère l'Église de Cantorbéry, laquelle nous « a nourri, nous a élevé jusqu'au degré où nous « sommes aujourd'hui. Qu'on ne perde donc point « sa peine à poursuivre la combinaison dont on parle, « car il n'est malheur que nous ne préférions souf- « frir. »
Et dessinant clairement ses intentions ultérieures, il ajoutait :
« Quand notre seul grief serait de voir cet homme « dépouiller de leurs biens notre Église et plusieurs « autres dans son royaume, nous aimerions mieux, « Dieu le sait, mourir dans les supplices que vivre « dans une honteuse inertie en face de l'usurpation « triomphante, en face de crimes que notre devoir « est de punir, si aucune satisfaction ne vient nous « désarmer (2). »
1. Page 316, Thom. Cant. ad Alexand. et Johan. nuntios suos ep. « Ante discessum ».