‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 7 sur 372 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Henri II, bien au contraire, n'avait garde d'entrer sur un pareil terrain. L'abbé de Cercamp venait encore une fois d'accepter la mission de présenter au Roi le message du primat, et il en donna lecture publique ; mais avant qu'il eût pu y ajouter le commentaire dont l'Archevêque lui avait confié le soin, le Roi s'emporta et le congédia en termes plus durs et plus impérieux que la première fois. Puis il fit écrire à l'abbé de Cîteaux une lettre où il se plaignait amèrement de voir les religieux cisterciens se charger, malgré ses réclamations antérieures, des lettres de Thomas Becket. « Votre abbé de Cercamp, « disait-il, nous a de nouveau présenté on ne sait « quel écrit de la part de Thomas, qui fut jadis « notre chancelier ; il nous a lu lui-même cette pièce, « où nous étions l'objet de reproches, où l'on nous « accusait, semble-t-il, de schisme et de foi mentie ; « que dire enfin du reste de cette lettre, sinon que « tant de paroles hautaines et furieuses constituent « des attentats à notre honneur et à notre personne?^ « Aussi nous vous prions et mandons de réparer « avec soin l'injure qui nous a été ainsi faite, pour « notre honneur et celui de votre ordre. Car sachez- « le, si vous ne corrigez les excès de vos moines, « désormais nous serons obligé d'aviser nous-mêmes « à la réparation qui nous est due (i), »

Le sens de telles menaces était parfaitement clair ; mais quant à discuter une seule des allégations de l'Archevêque, Henri n'y songeait point ; n'était-il pas bien plus facile de s'emporter et de se déclarer offensé? Au fond le Roi était inquiet, se demandant avec anxiété si des mesures de rigueur n'allaient pas attein-

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