‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 8 sur 372 · I. Materials, t. v, p-age 365. « Quando dominus · texte numérisé non relu

I. Materials, t. v, p-age 365. « Quando dominus

lO SAINT THOMAS DE CAXTORBHRY

dre son royaume avant qu'il eût pu recueillir le fruit de certaines négociations entamées à Rome(i); dans sa colère entrait beaucoup de politique. Pendant des années encore il n'aura d'autre but que de gagner du temps, d'écarter l'excommunication et l'interdit sans faire aucune concession réelle. L'Archevêque avait fort bien . démêlé ces calculs ; mais il voulait épuiser pour sa part toutes les voies de la douceur et pousser la mansuétude aussi loin que le permettrait la justice. En quoi il marchait d'accord avec Alexandre III, avec l'impératrice Mathilde, qui, du cloître de Fontevrault, pressait l'Archevêque d'user de patience, et insistait auprès du Roi son fils pour amener un accommodement. Louis le Jeune, en sa qualité de suzerain, Philippe de Flandre avec l'autorité de sa puissance dont l'alliance avait tant de prix pour le Roi d'Angleterre, agissaient dans le même sens. Mais

I. Un mot d'une lettre de saint Thomas à Nicolas du Mont-aux-Malades (« Novit fraternitas », Mater., t. v, page 360) explique la forme de celle que TArchevêque venait d'écrire au Roi (lettre « Desiderio desideravi ^»). Les évêques anglais reprochaient au primat d'avoir omis au début de cette missive toute formule de salutation ; mais il faut observer que le prince avait déclaré ne vouloir recevoir du primat que des lettres patentes., c'est-à-dire écrites en la forme la plus solennelle, sur parchemin, dans toute la longueur de la feuille ; et dès lors le début de ces lettres devait être modifié (V. Ducange, Litterœ patentes). D'autre part, l'Archevêque ne pouvant user en la circonstance des formules ordinairement usitées par les chancelleries des puissants seigneurs ou rois qui accordaient des lettres patentes, il devait se contenter d'une formule particulière. Etait-ce bien celle que nous donne l'édition des Materials ? On voit par la comparaison des mss. cités là qu'on peut en douter. Quelle que fût d'ailleurs cette formule, elle ne pouvait, attendu le caractère d'une lettre patente, comporter les mêmes politesses qu'une lettre privée. Les évêques anglais avaient donc tort de chercher là un reproche à l'adresse de saint Thomas, et nous avons tenu à le remarquer, pour enlever encore cet argument à ceux qui accusent le saint Archevêque de hauteur et d'emportement. Fitzstephen le légiste, qui ne parle pas des deux autres lettres, n'a pas manqué de reproduire celle-ci (« Desiderio dcsideravi »), qui avait un caractère officiel et demeurait aux archives royales.

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