‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 72 sur 372 · I. Materials, t. m, page · texte numérisé non relu

I. Materials, t. m, page

OU négociateurs, et plusieurs moururent à ce métier, mais d'autres prirent leur place. Quant à Thomas personnellement, il demeurait calme, et cherchait surtout sa force en Dieu, ne cessant de prier avec les rares compagnons de sa vie solitaire (i), tandis qu'autour de lui les deux royaumes tout entiers étaient dans l'agitation : il nous faut dire en peu de mots la cause de ces troubles.

La guerre que menaient les deux rois l'un contre l'autre n'avait pu être apaisée par la médiation des cardinaux légats Odon et Guillaume de Pavie ; elle s'étendait, et la situation de Henri II empirait de jour en jour. En 1168 les provinces du Poitou, de la Marche, d'Aquitaine, se soulevèrent contre sa domination, . car il leur souvenait toujours du temps où elles étaient indépendantes. La Bretagne, de plus en plus menacée par le Roi d'Angleterre, prit également les armes; l'Ecosse tendit la main aux provinces qui s'agitaient sur le continent ; les gallois enfin, toujours belliqueux, achevèrent de fermer le cercle qui enserrait l'ennemi commun, la Flandre faisant depuis longtemps campagne de concert avec la France. Le comte de Salisbury, qui commandait en Poitou les troupes royales, fut tué: Henri put un moment se croire à la veille d'un désastre sans remède. Sa diplomatie réussit pourtant, à force de démarches et de promesses, à faire poser les armes au comte Philippe de Flandre, et à le porter même comme médiateur de la paix; mais il fallait gagner le Roi de France, autour duquel se groupaient les forces des diverses provinces, et qui les réunissait toutes en une ligue formidable. Le comte s'entremit,

I. Materials, t. vi, page 387, Johan. Sarisb. ad Johan. Pictav. episc. ep. « Bénéficia sa:pe ».

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