CHAPITRE VI
des mesures de clémence qui pussent au moins assurer leur sortie du royaume (i).
Tout cela se passait à la cour pontificale tandis que Henri Plantagenet promettait à la cour de France de prendre la croix et demandait à voir l'Archevêque de Cantorbéry pour conclure avec lui la paix. Thomas se trouvait, avons-nous dit, au camp de La Ferté-Bernard, lorsqu'il reçut des Lettres apostoliques datées de Bénévent et conçues en ces termes (2) :
« Nous pensons que vous n'ignorez pas comment l'illustre Roi Henri d'Angleterre a envoyé vers Nous une ambassade, ni quelles mesures de rigueur, affligeantes pour Nous, il a sollicitées de notre part, appuyant sa requête des plus redoutables menaces pour le cas où Nous ne ferions pas droit h ses exigences. Sans lui accorder ce qu'il demandait, Nous avons dû pourtant considérer que la persécution n'a pas cessé encore de sévir contre l'Église, et que les temps ne sont pas devenus pour elle aussi favorables qu'on doit le souhaiter. Aussi avons Nous cherché à adoucir l'amertume et l'emportement que témoignait le Roi. N'étions Nous pas bien fondés à craindre que, pour empêcher ou troubler la paix de l'Église, il ne fît comme jadis alliance avec l'Empereur, ce tyran ennemi de l'Église, et ne trouvât prétexte pour se séparer d'elle et de notre obédience ? En conséquence, eu égard au malheur des temps, de l'avis commun de nos frères (3), ayant d'ailleurs l'espérance
1. Materials, t. vi, page 481, Johan. Sarisb. ad Baldw. Exon. archid. ep. « Quiatibi pnesentium ».