‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 80 sur 372 · I. Ibid · texte numérisé non relu

I. Ibid

2.1s., I, 23: Principes tui infidèles, socii furum ; omnes diligunt munera, sequuntur retributiones.

Il6 SAINT THOMAS DE CANTORBÉRY

servi par des hommes couverts d'infamie ! Le Roi de France est irrité ; en voulant éloigner de l'Empereur le Roi d'Angleterre, qui a pour l'heure bien d'autres soucis, on risque de rejeter notre souverain vers Barberousse. Il y a un projet d'alliance entre les héritiers des deux couronnes, projet que l'Empereur a fort à cœur et qui trouve dans notre pays plus d'un partisan : il est à craindre maintenant que le Roi n'y donne la main, si le Saint-Père ne remédie promptement au scandale causé par le dernier succès des anglais.

Louis VII était en effet très ému de cette déplorable affaire ; il écrivit au cardinal évêque d'Ostie, dont l'influence n'avait pu neutraliser les intrigues de ses collègues. Après l'avoir remercié de ses bons offices, le Roi ajoutait respectueusement : « Il ne « nous appartient pas d'accuser ni de reprendre « publiquement le seigneur Pape, attendu qu'il est « notre maître ; mais nous ne pouvons taire des «choses qui portent atteinte à sa réputation. Et que « répondre désormais à l'Empereur et aux autres « schismatiques, lorsqu'ils vous insultent? Que la « sagesse du seigneur Pape ou la vôtre nous l'ex- « plique, car nous ne parvenons pas à le deviner. »

La reine de France écrivait directement au Souverain Pontife, et sa lettre est à citer :

« Je vous parle comme à un seigneur et à un père € dont l'honneur est cher à mon seigneur le Roi et « à moi-même comme notre propre honneur. Nous « vous avons reçu en effet pour père et seigneur; « pour Dieu et pour vous nous avons méprisé l'amitié « des rois qui frémissent autour de nous et ne € cherchent que votre perte. Daignez donc écouter « votre fille, et ne pas mépriser ses paroles comme

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