Mabill. Annales Bencdict. t. vi, lib. lxxx, n" lvi
donc? Est-ce bien là le prince qui en toute occasion revendique même par la violence les droits qu'il dit tenir de la coutume? Et sur une question où, à tout prendre, il pourrait avoir raison, il s'en remet sans résistance au jugement du Saint-Siège! Pour nous, il est clair que le Chancelier avait adroitement prévenu le conflit dont était menacée l'Église d'Angers, en persuadant au Roi d'agir comme il le fit; car cette marche est contraire à tous les errements suivis par Henri avant et après le gouvernement de Thomas Becket ; elle est au contraire celle que Thomas suivit constamment pendant ses longs démêlés avec le souverain.
Nous savons d'une manière bien plus certaine encore que le Chancelier exerçait son influence pour améliorer la situation des diocèses ; l'Archevêque l'en remercie dans une lettre, et rappelle quels services Thomas vient de rendre aux Églises d'York et de Lincoln « sans parler de beaucoup d'autres ( i) >/. Le puissant ministre s'occupait surtout d'obtenir la fin des longues vacances imposées aux sièges épiscopaux. Sans heurter de front les volontés du Roi, il travaillait à obtenir le consentement faute duquel les chapitres cathédraux n'eussent pu procéder en sécurité à une élection. L'Archevêque lui confiait ces sortes de négociations, fort difficiles parfois. L'Église d'Exeter, par exemple, était depuis longtemps privée de pasteur ; finalement le Roi parla d'y faire élire un évêque, mais en présentant un de ses favoris, Robert Fitzharding, dont les seuls titres étaient la bienveillance royale et la proximité de ses possessions territoriales en Sommerset ; homme d'ailleurs sans instruction et quelque peu exposé aux justes réclamations