‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 104 sur 294 · Cfr. Materials, t. v, pages 15 et · texte numérisé non relu

Cfr. Materials, t. v, pages 15 et

duit et les dettes s'accumulaient-elles. Cela se passait quelque temps après la mort du primat de Cantorbéry, et quelques mois avant l'élection de son successeur. L'infortuné Richard ne trouvait autour de lui, même parmi ses intimes et ses obligés, personne qui consentît à assumer la charge d'une gestion financière devenue trop difficile. On comprend qu'une telle situation fût connue de tout le monde, Londres étant la capitale du royaume; mais la juridiction de l'Archevêque de Cantorbéry faisant défaut, l'embarras était grand pour remédier au malheur du pauvre prélat. Le Roi prit l'initiative d'une démarche auprès de Gilbert Foliot, évêque de Hereford, proche parent de Richard de Beaumais. Par son ordre le Chancelier écrivit à Gilbert, « le pressant « de prendre en mains l'administration temporelle de « l'évêché de Londres, de façon à subvenir aux besoins « de Vévêque et de sa maison, en remettant au Roi ce « qui resterait pour être distribué selon que V Esprit de « Dieu le suggérerait au prince. » C'est Gilbert luimême qui nous fait connaître ces propositions. Il se trompait si peu sur leur véritable auteur que sa réponse fut adressée non pas au Chancelier, mais au Roi. Il priait le souverain d'excuser un refus motivé sur les craintes que lui inspirerait pareille charge. « Elle serait pleine « de périls pour moi, disait Gilbert, et nuirait grande- « ment à mon âme. » Aussi demandait-il à demeurer « libre de vaquer dévotement aux choses de Dieu, et « de prier avec d'autant plus de ferveur pour le salut « du Roi. »

Voilà bien, nous dit-on, un marché simoniaque proposé par Thomas Becket à Gilbert Foliot. Et pour preuve du caractère illicite de ce marché il ne faut que la réponse de l'évêque de Hereford, déclarant qu'une telle situation, s'il l'acceptait, serait pleine de

Page 1