CHAPITRE IX
été pleinement en droit de les rappeler au devoir.
Quant aux invectives de Gilbert Foliot, il attendit six années avant de les écrire, si tant est qu'elles soient tombées de sa plume. Et de son côté, l'Archevêque Thibaut ne songeait guère à Técuage ni à la campagne de Toulouse, lorsqu'un an plus tard il menaçait Thomas de l'excommunication ; nous le verrons tout à l'heure.
Mais dans une de ses dernières lettres, adressée au Chancelier, le primat réclame bien réellement contre certain impôt qu'il nomme second subside (i). Qu'est-ce que cela ? D'après les termes mêmes qu'emploie l'Archevêque, c'est une taxe imposée aux diverses églises du seul diocèse de Cantorbéry (2). Peut-être faut-il la reconnaître dans le superhidagium qui figure sur les rôles de l'Échiquier avant 1160, et toujours à propos des terres de l'Archevêché. Ce serait donc une taxe additionnelle à l'impôt foncier, dont les biens ecclésiastiques portaient le poids depuis les jours de Guillaume le Roux, fils du Conquérant. Dans ce cas, elle eût été réellement attentatoire aux franchises ecclésiastiques ; mais Thomas Becket doit-il en être déclaré l'auteur responsable ? Nullement ; Thibaut le dit lui-même, c'est Walter, son frère, jadis archidiacre de Cantorbéry, qui a frappé les églises de la taxe de second subside. Thomas, en succédant à Walter, l'a trouvée déjà établie. 11 nous paraît d'ailleurs certain qu'il s'agit là non d'un impôt perçu au profit du trésor royal, mais d'une redevance prélevée par les officiers de l'Archevêché au profit du seul