I. Fitzst. Materials^ t. jir, page
mais dès le lendemain, nouvelle complication. Le Roi apprend que Guillaume de Passavant, évêque du Mans, a suivi l'exemple de l'archevêque, et s'est même rendu auprès des deux Cardinaux, légats d'Alexandre, pour promettre obéissance au Pape qu'ils représentent. Guillaume est présent à Neufmarché, avec les autres prélats réunis pour la circonstance. Henri lance à l'instant les ordres les plus sévères contre lui, car sa fureur est au comble. Les maréchaux du palais se rendent au logis de l'évêque, l'en expulsent violemment, font jeter dans la rue ses bagages, enfin coupent les longes de ses chevaux et les chassent des écuries. Pendant ce temps, le Roi fait rédiger une ordonnance portant démolition immédiate du palais épiscopal au Mans. Il signe, et agitant le parchemin devant plusieurs témoins, il s'écrie : « Avant peu, les gens du Maine entendront parler de « leur évêque ! » Le bruit de telles violences se répand de toutes parts ; Guillaume de Passavant jouissant d'une grande estime, la consternation est universelle. Quant au Chancelier, sachant inutile de chercher à fléchir actuellement son maître, il essaie de gagner du temps ; en expédiant les courriers chargés de porter l'ordonnance au gouverneur du Mans, il leur enjoint de mettre quatre jours à faire le trajet, qui d'ordinaire n'en demande que deux. Le lendemain il prie quelques évêques d'aller intercéder auprès du Roi ; Henri demeure inexorable. Quelques heures plus tard, il envoie d'autres prélats, sans plus de succès. Enfin il vient lui-même, et il échoue comme les autres. Il s'y attendait. Mais le troisième jour il renouvelle ses instances. Le Roi réfléchit : les courriers doivent être arrivés ; Henri croit donc pouvoir se donner les apparences et le mérite de la clémence en consentant à l'expédition d'un contre-ordre. Séance tenante la pièce est rédigée, signée,