‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 120 sur 294 · CHAPITRE X lyy · texte numérisé non relu

CHAPITRE X lyy

Aussitôt après le sacre, des députés furent envoyés à Montpellier, où se trouvait alors le Pape Alexandre III. Ils étaient au nombre de cinq: Adam de Senlis abbé d'Evesham, Jean trésorier d'York (i), Simon moine de Cantorbéry, et deux clercs, dont l'un était Jordan de Chichester, l'autre le fidèle Jean de Salisbury. Ces députés étaient nantis de lettres écrites par les évêques, par le prieur et les religieux de Christchurch, enfm par le Roi. La procédure suivie pour l'élection de l'Archevêque et les faits relatifs à cet événement, étaient exposés dans les divers documents dont les signataires faisaient instance pour le pallium. Alexandre III agréa leur requête (2), et les députés furent de retour à Cantorbéry le 10 août, porteurs de l'insigne sacré. L'heure de tierce étant arrivée, une procession solennelle sortit de la cathédrale et se dirigea vers la

de Gervais. Le monastère était placé sous le patronage de « Sainteïrinité, » cela est vrai ; mais ce n'était pas une raison pour que la fête fût solennisée comme patronale dans Vèglise, laquelle pouvait avoir et avait en effet un autre titulaire. Ce n'est pas le seul exemple dans l'histoire ecclésiastique. Le patron du lieu et le titulaire de V église différaient assez souvent. Mais, d'autre part, nous savons que dés le xi^ siècle nombre d'églises particulières observaient la fête de la Sainte-Trinité, les unes à l'octave de la Pentecôte, les autres au dimanche qui précédait l'Avent Benoit XIV, de Festis, cap. xii). L'Eglise romaine ne la célébrait pas du tout, jugeant que le dimanche étant consacré à la Sainte Trinité chaque semaine, il suffisait. Ce fut seulement au xrv" siècle que Jean XXII institua cette solennité pour l'Église universelle. Il se pourrait donc que l'Eglise de Cantorbéry l'eût observée à l'octave de la Pentecôte comme fête d'un degré inférieur, comme patronale secondaire si l'on veut, et que saint Thomas l'eût élevée au degré de « fête principale » comme parle Gervais. D'autant que, d'après le même chroniqueur, le nouveau Pontife célébra pour sa seconde messe, le jour du sacre, la messe même de la Sainte-Trinité. C'est, à notre avis, la solution la plus plausible de la question.

1. C'était Jean de Cantorbéry, ancien collègue de Thomas Becket à la cour de Thibaut ; nous retrouverons fréquemment son nom comme évêque de Poitiers. Il fut sacré en 1163, au Concile de Tours (Rad. de Diceto, t. I, page 311).

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