‹ Saint Thomas de CantorbéryChapitre 127 sur 294 · I. II Tim. III · texte numérisé non relu

I. II Tim. III

sans reproche, et qu'il ordonnait sagement sa maison; sobre, mortifié, rempli par l'esprit de prière, ne l'avonsnous pas vu ? Hospitalier, il l'était encore largement et magnifiquement. Que nous reste-t-il donc à montrer, pour que l'on puisse reconnaître en lui le portrait fidèle du pontife tel que le dépeignait jadis l'Apôtre (i)? Deux traits seulement : la charité de l'Archevêque envers les pauvres, et la rectitude de ses jugements en matières ecclésiastiques.

Quant au premier point, nous savons quelle était l'humilité de ses pratiques journalières, mais il ne s'en tenait pas là. Thibaut avait ajouté beaucoup aux aumônes de ses prédécesseurs ; Thomas doubla celles qu'avait distribuées le primat défunt, et y consacra la dîme de ses revenus en argent et en nature. Le réfectoire de Sainte-Trinité s'ouvrait pour les pauvres après les repas de l'Archevêque, ainsi que s'était ouverte pour aux autrefois la grand'salle du palais après le diner du Chancelier. Voyageurs et étrangers quels qu'ils fussent pouvaient se présenter en tout temps aux portes du palais primatial, certains d'y être accueillis avec bonté. Mais au dehors même de l'hospitalière demeure, les bienfaits de Thomas allaient chercher les indigents à leur foyer. Aux approches de l'hiver, il leur faisait distribuer de chauds vêtements ; et fréquemment ses aumôniers allaient par la ville métropolitaine, s'enquérant des besoins des malades ou des familles nécessiteuses, parmi lesquelles on pouvait connaître la pauvreté mais difficilement la misère ; car à tant de secours venus du palais archiépiscopal s'ajoutaient encore les larges aumônes faites par le monastère en son propre nom.

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