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était précisément le seul qui eût réclamé, publiquement, contre l'élection naguère proclamée à Westminster? En un mot, c'était l'évéque de Hereford, Gilbert Foliot, que nous avons déjà vu plusieurs fois paraître sur la scène des événements ; mais attendu le rôle considérable qu'il y va tenir, il est utile de le faire connaître avec plus de détail.
Gilbert avait fait profession de la vie monastique à l'abbaye de Cluny. Nommé prieur du florissant monastère d'Abbeville, plus tard il accompagna l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, au if concile de Latran, convoqué par le Pape Innocent IL La même année il fut élu abbé par les moines de Saint-Pierre de Glocester. Cette situation nouvelle lui donnait une influence considérable, et sa correspondance prouve clairement qu'il s'en rendait très-bien compte. Ainsi nous le voyons adresser de nombreuses lettres aux Papes Célestin II, Lucius II, Eugène III, en faveur des personnages les plus puissants ou des monastères les plus illustres d'Angleterre. Il écrit à l'impératrice Mathilde mère de Henri II, ainsi qu'à l'Archevêque Thibaut, et nous le voyons alors professer les vrais principes d'un homme d'Église. Peut-être même ne pourrait-on compter tous les passages où il réclame l'emploi du glaive spirituel. L'on retrouve souvent sous sa plume des maximes telles que celles-ci : « Que votre Sérénité, dit-il à l'impéra- « trice Mathilde, ne soit pas émue si nous obéissons au « décret apostolique : nous regarderions comme un « sacrilège d'y contrevenir. Nous sommes prêts à vous « obéir toutes les fois que nous le pourrons et que le « devoir nous le commandera ; mais si l'autorité de « l'Église devait en recevoir quelque atteinte, nous « serions pleinement dispensés de l'obéissance. »
Gilbert était doué de talents remarquables, et l'ab-