CHAPITRE XIII
ainsi du nord au midi, sans comprendre la portée des mots, sans écouter non plus ceux qui en avaient la clef. Les résultats, on les devine ; et pour commencer le Saint-Père venait, sans le savoir, de reconnaître une valeur aux coutumes, bases de toute la politique ecclésiastique du roi Henri; spécialement, il venait de reconnaître le droit du prince à examiner si les évêques de ses états devaient ou non obéir au Pape, s'ils pouvaient ou non se rendre auprès du successeur de saint Pierre, Vicaire de Jésus-Christ. C'était peu encourageant, il faut en convenir, pour les champions de la liberté de l'Église.
La lettre pontificale était du 18 mars 1163; un mois devait s'écouler encore avant le départ du primat pour le concile. Ce laps de temps fut occupé par des contestations, où Thomas, sans se heurter encore directement au Roi, sentait pourtant ses adversaires soutenus par l'autorité royale. 11 y avait là comme les engagements partiels de plus en plus sérieux, qui précèdent le choc de deux armées puissantes.
L'affaire de Guillaume de Ros, demeurée en suspens, était reprise : on l'enveloppa dans une enquête générale conduite par les shérifs et les juges royaux. A la diligence desdits fonctionnaires, le résultat d'un si grand mouvement fut de déclarer Guillaume feudataire du Roi et non de l'Eglise métropolitaine (i).
Autre sujet de controverse. L'abbaye de Saint-August n, à Cantorbéry même, le plus illustre comme le plus ancien des monastères bénédictins en Angleterre, était depuis longtemps en lutte avec les Archevêques, à cause de la bénédiction que les abbés élus devaient recevoir du primat; mais il leur fallait en même temps