I. Diceto, t. I, page
sauvegarder le privilège de l'exemption qui soustrayait l'abbaye à la juridiction métropolitaine. De là des contestations toujours renaissantes. Thomas Becket avait vu Thibaut, son maître, embarrassé dans ces fatigantes affaires, hésiter et reculer devant l'abbé Sylvestre que soutenait le Roi Etienne (i). A la mort de ce prélat, la querelle se ralluma lorsque Clérambaud prit le gouvernement du monastère, en 1163. On le disait intrus, les moines le rejetaient; on affirmait aussi que Henri II l'appuyait de sa faveur. Dans une lutte qui commença dès la nomination de Clérambaud, Thomas eut constamment le dessous, même à la cour pontificale. L'abbé de Saint-Augustin reconnut dignement les services du Roi en le servant pendant des années contre l'Archevêque, en hébergeant les hommes qui venaient donner le coup de mort au primat d'Angleterre, et il ne tomba fracassé que sur le tombeau du martyr, une enquête ordonnée enfin par autorité apostolique ayant relevé contre lui des charges accablantes.
Cependant la date fixée pour l'ouverture du concile approchait ; Thomas prit donc la mer au petit port de Romney, d'où un vent favorable le conduisit à Gravelines. Herbert de Bosham était du voyage, et il nous dit avec quel enthousiasme le primat était partout accueilli. En débarquant Thomas trouva le comte de Flandre, venu à sa rencontre ; et le lendemain la noblesse du pays vint lui rendre ses hommages. C'était à qui lui offrirait ses services. Pareils honneurs l'accompagnèrent sur tous les domaines continentaux du Roi d'Angleterre, où on le reçut partout comme le souverain en personne. Thomas atteignit Tours trois jours avant l'ouverture du concile. A son approche, toute la cité