CHAPITRE XIII 2 I
auparavant, et sur lesquels nous devons insister. En rentrant à Cantorbéry après le concile de Tours, l'Archevêque se retrouvait aux prises avec ses lourdes obligations. Dépositaire et administrateur, mais non propriétaire, des biens de son Église, il avait le devoir strict de veiller à ce qu'ils ne fussent dilapidés ni par les clercs ni à plus forte raison par des laïques. Les biens d'Église appartenant à Dieu même, la loi ecclésiastique les déclare inaliénables. Par conséquent toute cession faite, même par de précédents Archevêques au profit de seigneurs laïques, était nulle, et Thomas Becket avait le devoir de la déclarer telle. Dès les premiers jours de son épiscopat il avait examiné les titres avec la même impartialité que jadis ceux des feudataires de la couronne. Dans l'été de II 03, il adressa au comte de Hertfort, Roger de Saint- Clair, sommation de rendre hommage pour Tunbridge et la banlieue, fief relevant de l'Archevêché. Le comte se présenta en effet à Westminster au jour fixé, 22 juillet i), mais pour se réclamer de la protection du Roi, son véritable suzerain, affirmait-il. Thomas se retrouvait donc placé encore une fois en face de Henri Plantagenet ; Roger de Saint-Clair, si l'on en croit certains bruits, pouvait compter sur la protection royale à bien d'autres titres que celui de la vassalité, si tant est que celle-ci fût réelle (21. D'ailleurs, allié à toutes les grandes familles du royaume, il était un redoutable adversaire. Thomas ne poursuivit pas, semble-t-il ; mais on comprend assez pour quel motif. La procédure entamée avait du moins empêché la